Peut-on encore innover en logistique ?

 

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la logistique, en 1979, le terme n’apparaissait pas encore dans les entreprises. Tout au plus en parlait-on un peu dans les journaux techniques (il faudrait s’en soucier, disait-on).

Bon, on s’en est soucié ! A grand renfort d’études d’organisation sur des sujets toujours plus pointus, de création de matériels (à laquelle j’ai contribué), puis de logiciels (idem). Mes clients en sont témoins, des idées (dûment concrétisées !) pouvaient alors leur donner cinq années d’avance sur leurs concurrents, et je quadrillais l’exploration des salons techniques (de la méthode, toujours…) pour identifier les innovations, voire en suggérer.

A tel point qu’il m’a fallu dix années pour comprendre que, à l’occasion d’une réalisation, nous avions inventé la concrétisation de la traçabilité électronique

A la fin des années 90, Internet était là, et il n’était plus question de donner cinq années d’avance aux clients. L’énormité des moyens mis en jeu était telle que, au mieux, on avait une idée six mois avant l’apparition du produit, ce qui voulait dire que d’autres avaient eu l’idée… avant !

Pour innover, il fallait se rabattre sur le transfert de technologie : les hôpitaux se mettaient à l’heure du laboratoire pharmaceutique (notamment en matière de traçabilité informatisée), les équipementiers automobiles voulaient des GPAO plus souples et proches du terrain…

Vers fin 90 arrivèrent les dernières grandes innovations, tels les progiciels de management et de suivi de transports multi-modes, y compris les dédouanements, contrôles, etc… Le réapprovisionnement continu se répandit, ainsi que la gestion des stocks en nombre de jours de consommation (ou de flux), importée de l’automobile.

Bien sûr, depuis, on continue à améliorer l’ergonomie et l’encombrement des chariots élévateurs, ainsi que, plus généralement, les performances des équipements (et des progiciels). Mais le feu d’artifice est fini, et j’ai l’impression que, aujourd’hui, les entreprises ont, « sur étagère », tous les moyens matériels et logiciels qu’ils peuvent désirer, il ne reste plus qu’à étudier les rentabilités puis à emboîter les briques du Lego logistique géant (comme quoi, ce n’est pas toujours facile de jouer au Lego…).

Il reste toutefois une dernière innovation à promouvoir, et qui pourrait bien s’avérer éternelle (disons, durable) : celle de faire des gains sur les investissements, en les définissant « au plus juste » (ce qui suppose souvent une révision de la conception du projet lors de la phase d’études détaillées).

Voire en les réalisant avec du matériel d’occasion.

Ce dernier point ne manquera pas de surprendre, surtout dans le domaine informatique, mais cela peut se faire, y compris pour les logiciels (on peut réemployer des briques d’anciens progiciels pour en faire, avec des compléments de programmation, de nouvelles applications !). Et les gains sont surprenants (on peut diviser le montant prévu jusqu’environ par sept).

Je laisse donc volontairement le débat ouvert, notamment sur les points suivants :

  • Quelles grandes innovations vous semblent-elles en cours aujourd’hui ?
  • Que pensez-vous d’un investissement avec de « l’occasion » ?

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1 Commentaires

 
  1. Bonjour Bernard et merci pour ce billet très instructif.

    A mon avis on n’est pas prêt d’arrêter d’innover en logiqtique. La créativité est en effet une des qualités indis^pensables aux logisticiens pour accomplir leurs objectifs, réduire les coûts et les délais, etc.

    La SITL remet d’ailleurs chaque année un prix de l’innovation tout à fait intéressant.

    Quant à l’occasion, plusieurs sites web s’adressant aux logisticiens ont l’air de s’y mettre. On peut citer par exemple : BAL (http://www.faq-logistique.com/BAL-Bourse-Achat-Logistique.htm)
    et RSA (http://www.faq-logistique.com/RSA.htm)

    Cordialement,

    Frédéric

    FAQ Logistique

 

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